Mario Richer : « Gérer nos émotions »

Après seize matches et une sixième place au classement provisoire, les Gothiques sont en posture intéressante à la trêve. Nous en avons profité pour effectuer un bilan de ce début de saison avec Mario Richer, coach des Gothiques.

Mario Richer, quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

Disons que c’était en deux parties. On a mal commencé la saison, en jouant mieux sur la route qu’à la maison. Depuis on a balancé ça, en gagnant quatre des cinq derniers matches, c’est une bonne chose. On est passé près à Grenoble, même s’ils ont été plus forts. On n’était pas loin mais on n’a pas remporté le match. Il faut continuer sur notre lancée de mieux jouer, compter plus de buts et s’améliorer défensivement.

Sur le positif, on a pu ressentir une montée en puissance du groupe sur le début de saison…

Plutôt oui. Souvent c’est à cause d’opportunisme que l’on ne gagnait pas, car la majorité des matches se sont joués à un but. Ce n’est pas comme si on perdait 3-0 ou 4-0. C’étaient des matches serrés, mais, à la fin, on n’a pas les points. Il faut gérer nos émotions et bien rester dans le système.

Et sur le plan négatif ?

Je retiens surtout le manque d’efficacité à cinq contre cinq. On n’arrive pas à compter les buts… Parfois c’est une question de chance. Quand on en a, le palet frappe le poteau et rentre. Quand on en n’a pas, il frappe le poteau mais ressort. A la fin du match, tu peux perdre d’un but sur ça.

Les jeunes ont su répondre positivement !

Il y a des jeunes et des très jeunes, et ça forme deux groupes un peu différent. Il y en a un avec Matima, Suire et Prissaint, qui jouent leur troisième saison avec nous et qui se doivent de prendre leur place dans l’équipe. Ensuite il y a les 17 ou 18 ans comme Bruche, Belharfi, Olive qui frappent à la porte de l’équipe mais qui sont encore juniors. Ils sont en progression, mais surtout grâce à leur temps de jeu en juniors ou avec Wasquehal et Dunkerque. Il ne faut pas sauter les étapes.

Tout en profitant des chances que vous leur donnez…

Il faut qu’ils croquent à pleines dents dedans, et quand ils ont une chance, il faut qu’ils la prennent. Leur temps de glace, ce n’est pas avec la Magnus qu’ils vont l’obtenir majoritairement. Il faut qu’ils se défoncent avec les U20, et qu’ils nous prouvent qu’ils méritent et ne pas se dire « je suis trop fort pour la ligue, je veux jouer en Magnus ». Ce serait ne pas comprendre comment fonctionne le hockey, que ce soit ici ou en Amérique du Nord. Là-bas, tu sors du junior majeur à 20 ans, puis de la ligue Américaine à 22 ou 23 ans, et ensuite tu arrives en pro. C’est la normalité. Les gens regardent les joueurs comme Ovechkin ou Crosby qui sont passés pro à 18 ans, mais ce sont des exceptionnels.

Retenez-vous un match référence ?

C’est difficile de choisir un match. Je dirais que celui contre Grenoble, à domicile, était un de nos très bons matches où l’on était intense, dans le match et où on a réussi à compter en toute fin de match. C’était l’équipe que l’on veut où l’on travaille jusqu’à la fin et où on est acharné. S’il y a un match que l’on a bien fait, c’est celui-là.

Asnières a été un tournant psychologique ?

C’est sûr que compter des buts, se montrer que l’on est capable de le faire, s’enlever de la pression… Ce soir-là, on a réussi à le faire et depuis, ça va un peu mieux. Est-ce qu’il a fait la différence ? Peut-être. Ce sont des choses que je ne peux pas dire. C’est facile de regarder les statistiques et de se dire que c’est grâce à ça, mais ce qui est sûr, c’est que ça n’a pas nui.

Propos recueillis par Romain PECHON

Photo d’illustration : Lucile Lefèvre – Le 6 Amiénois

Laisser un commentaire